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8 ème Colloque : « Protéger les enfants, une responsabilité partagée »



Ouverture des débats

Pascal Cussigh, ouvre le 8ᵉ colloque en rappelant que le déni des violences faites aux enfants reste massif.      Il remercie les participants, présente le thème “Protéger les enfants, une responsabilité partagée” et pointe les défaillances de la justice, illustrées par l’affaire Liana où l’accusé n’a jamais été auditionné. Une introduction brève, engagée, qui pose le cadre d’une journée consacrée aux enjeux juridiques, médicaux et associatifs de la protection de l’enfance.                                                                                                                


Ordonnance de sureté

Zoé Cerutti et Pascal Cussigh dénoncent l’absence de protection immédiate pour les enfants révélant des violences sexuelles : malgré une révélation ou une plainte, ils sont souvent renvoyés chez l’agresseur. Ils pointent les blocages systémiques , cadre juridique éclaté, dispositifs tardifs, suspicion envers les mères, culture judiciaire centrée sur l’adulte, et défendent une ordonnance de sûreté fondée sur la vraisemblance des violences pour protéger enfin les mineurs dès qu’ils parlent.


Les risques à maintenir le lien avec l'agresseur

Christelle Gavory démontre les effets délétères du maintien du lien entre un enfant et son agresseur : un stress chronique qui altère cognition, régulation émotionnelle, identité et santé somatique. Fondée sur les neurosciences et la clinique du trauma, son analyse montre que le danger devient une condition de vie. Elle rappelle que la protection immédiate n’est pas un choix moral mais une nécessité biologique, et appelle à un changement des pratiques et décisions judiciaires.


Les conséquences biologiques du trauma infantile

Dans cette intervention, Catherine Belzung nous explique que les violences infantiles laissent des traces durables dans le cerveau et le corps, augmentent les risques psychiatriques et somatiques à l’âge adulte, et peuvent se transmettre via des mécanismes épigénétiques.                                                                          Elle rappelle que seules des interventions précoces peuvent limiter les dommages.                                          Son message est clair, protéger un enfant est une nécessité biologique.                                                             


Comment éviter de réactiver le trauma chez l’enfant ?

Sandra Hernández Cussigh rappelle que la sécurité est le socle du développement et que les pratiques institutionnelles réactivent trop souvent le trauma. Elle montre que l’attachement peut se reconstruire si l’environnement sécurise immédiatement, et se détruit si le lien reste insécure. Elle appelle à une culture commune de protection fondée sur la reconnaissance du trauma, l’identification des signes et des réponses coordonnées. Protéger un enfant, c’est protéger son cerveau et sa sécurité.


La force du collectif pour protéger les enfants

Angèle Lefranc retrace la construction du Collectif pour l’Enfance, aujourd’hui fort de 48 associations, et montre comment cette force collective a permis des avancées majeures, dont la loi Billon fixant le seuil de non‑consentement. Elle pointe les limites persistantes et défend l’instauration d’une ordonnance de sûreté pour éviter que les enfants ne soient renvoyés chez leur agresseur. Son message est clair? la protection de l’enfance est un enjeu de société, et seule une action collective peut combler cet angle mort.

8 ème Colloque : « Protéger les enfants, une responsabilité partagée »


Cette table ronde réunit Patrick Jean, Liès Louffok, Suzanne Frugier, Romane Brisard et Catherine Belzung autour d’un enjeu central, rendre visibles les violences faites aux enfants et comprendre comment les combattre efficacement. Entre témoignages de terrain, analyses médiatiques, éclairages scientifiques et décryptage des stratégies masculinistes, les intervenants montrent une chose : la protection de l’enfance exige de la lucidité, du courage et une vigilance collective.


Patric Jean  (partie 1)

Patric Jean dévoile les stratégies des groupes masculinistes qu’il a infiltrés : mise en scène médiatique du “combat des pères”, diffusion de récits réactionnaires et promotion du faux “syndrome d’aliénation parentale” pour influencer justice et opinion. Son enquête montre l’ampleur des violences, les témoignages de mères accusées à tort, la difficulté à croire les enfants et les failles institutionnelles qui laissent prospérer ces narratifs. Il rappelle que ces idées ne sont pas nouvelles : pour protéger les enfants, il faut comprendre ces stratégies et refuser les solutions simplistes qui mettent les victimes en danger.                                                                                                                                                                                                                                                                      


Lyes Louffoc (partie 2)

Lyes Louffok décrit un constat massif : les violences institutionnelles subies par les enfants placés sont systémiques, répétées et reconnues comme telles. Son témoignage “instabilité, mises à la rue, violences, déshumanisation”  a libéré une parole longtemps étouffée et permis l’émergence de collectifs d’anciens placés, d’un plaidoyer structuré et d’une commission d’enquête nationale. Malgré l’absence de responsabilités clairement établies, une avancée majeure est obtenue : le droit à un avocat pour chaque enfant placé. Son message est clair : seule la mobilisation des premiers concernés brise l’opacité du système et ouvre la voie à une protection réelle.



Suzanne Frugier (partie 3)

Suzanne Frugier décrit la naissance de Mouv Enfant, association de survivantes et survivants de violences sexuelles et d’inceste, née du constat que les 33 000 témoignages de la Ciivise et ses 82 préconisations ont été abandonnés. Face au déni sociétal et à l’inaction politique, le mouvement mène un plaidoyer offensif : actions coup de poing dans l’espace public, interpellation des élus, soutien aux victimes, et une “caravane” qui organise des débats locaux pour construire des réponses territoriales. Elle rappelle l’ampleur des violences (160 000 enfants par an), l’absence de protection, le rejet massif des victimes par leur famille, et la nécessité d’une mobilisation collective pour briser le silence et imposer une politique publique contre la pédocriminalité.


Romane Brisard (partie 4)

Romane Brisard, journaliste d’investigation, documente ici, un phénomène massif mais invisibilisé, les mères protectrices que la justice sanctionne lorsqu’elles tentent de protéger leurs enfants de l’inceste. Elle montre comment, en France, un enfant révélant des violences sexuelles est souvent contraint de maintenir le lien avec son agresseur pendant des années, et comment la justice se retourne contre les mères, jusqu’à les pousser à l’exil.

Elle décrit une sphère médiatique frileuse : les dossiers en cours sont censurés, les enquêtes refusées, les chaînes recherchent du “spectacle” plutôt que l’analyse des défaillances systémiques. Son travail n’a trouvé de place que via des formats indépendants (podcast, livre), soutenus par les collectifs.

Elle rappelle enfin que les violences intrafamiliales et institutionnelles relèvent d’un même continuum : trahison dans la famille, trahison dans l’institution. Et que seule une mobilisation collective permet de rendre audible ce que les médias et les pouvoirs publics refusent encore de regarder en face.


Catherine Belzung (partie 5)

Pour clore cette table ronde, Catherine Belzung nous explique comment la chaire UNESCO qu’elle dirige, mobilise 21 universités du monde entier pour comprendre les effets de la maltraitance sur le développement de l’enfant et produire des outils concrets.

Avec des lignes‑guides interculturelles, des formations pour étudiants et professionnels, des programmes de recherche (Roumanie, Gaza), de la vulgarisation scientifique (BD, vidéos, documentaire), des congrès internationaux et la participation aux travaux de l’UNESCO sur la petite enfance.

Elle montre également l’importance d’un maillage local. A Tours, elle réunit juristes, médecins, éducateurs, ONG et collectivités pour créer un espace de parole, coordonner les acteurs et travailler sur des cas complexes.

u travers de cette prise de parole, Catherine Belzung porte un message clair, croiser savoirs scientifiques, expertise de terrain et voix des victimes pour transformer durablement les politiques de protection.